FOàD…, quelle plate-forme?

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Si à l’heure actuelle à la croisée des Technologies de l’Information et de la Communication Educatives (TICE) et de la Formation Ouverte et à Distance (FoàD) des solutions mixtes (présentiel-virtuel) sont encore à privilégier, le rythme des avancées technologiques matérielles et logicielles, l’accélération des débits et du taux d’équipement des organisations, individus et ménages font que le tout-Internet dans le domaine de la formation est dès maintenant envisageable à moyen terme. La plate-forme de téléformation (ou base de données relationnelles) devient alors LE point critique du système. Différentes solutions sont proposées sur le marché ; le Ministère de l’Education Nationale, l’association "Le Préau" en proposent des analyses comparatives intéressantes. Il nous a semblé utile d’en développer la problématique.

Affirmons d’abord que la base de données relationnelles (BdD) d’une plate-forme de FOàD doit être la traduction technique des objectifs didactiques choisis en fonction des publics visés, dans le cadre plus général d’une organisation et d’objectifs qualité adaptés.

En ce qui nous concerne, ces objectifs didactiques sont définis à partir de :
- L’état de l’art dans les domaines des sciences de l’éducation et des sciences de la cognition.
- L’état de l’art dans les domaines des sciences de l’organisation, de la production de services et de la qualité.
- Les besoins hypothétiques et/ou vérifiés des apprenants à former, et dans ce domaine, les publics adultes ne peuvent se satisfaire d’un simple cours en ligne agrémenté de schémas et de tests.
- Les objectifs de formation. Nous partirons de la problématique padoxalement la moins facile, celle de formation qualifiantes, voire diplômantes. Une BdD doit être alors conçus pour répondre à toutes les demandes dans des matières et pour des niveaux définis et proposer un référentiel de tous les objectifs opérationnels (compétences à acquérir) des matières et niveaux sélectionnés (tels que figurant dans les référentiels d’Unités Capitalisables) de façon à pouvoir offrir, à partir d’un positionnement, des parcours correspondant aux besoins individuels exacts.

La problématique et les fonctions d'une BdD FOàD

Au plan didactique-

Le choix théorique d’un auto-apprentissage assisté (un apprenant producteur de ses propres connaissances par la navigation dans un système de formation) exige un compromis fiable entre un dispositif d’apprentissage programmé et une liberté totale de navigation. En outre, c’est une véritable communauté collaborative d’apprentissage, de connaissances et de compétences associant apprenant, communauté d’apprenants, formateur et communauté des formateurs qui doit servir de référence théorique à la construction du dispositif.

Dans le cas d’un système FOAD acceptant des inscrits individuels, la pertinence entre la demande de formation et les capacités réelles de l’apprenant doit être mesurée. Un système de positionnement interactif évaluant la maîtrise des pré-requis doit pouvoir exister en-ligne et permettre la proposition en partie automatisée de cursus adaptés à leurs résultats.

Une pédagogie active et valorisante pour les apprenants implique un processus de rémédiation sophistiqué, y compris dans les exercices-en-ligne. Ce point est particulièrement important pour des publics de niveau V ou en difficultés pour lesquels souvent, l’erreur est bloquante. Ce dispositif de remédiation doit constituer le cśur d’un système fondé sur une logique d’apprentissage actif (et non d’acquisition de connaissances). Cela suppose une gamme d’exercices interactifs qui dépasse largement les QCM classiques.

L’individualisation doit certes permettre des cursus différents en fonction des besoins de compétences et des pré-requis. Il doit permettre aussi, à l’intérieur des mêmes cursus, des parcours différents en fonction des différents profils d’apprentissage et notamment des alternatives cognitives induction-déduction, analytique-global, information-sens, réflexion-action.

Une pédagogie multimédia suppose une souplesse d’intégration d’icônes, animations, sons et vidéo aux différents endroits d’une page, d’un paragraphe, d’une question, d’une réponse. Elle suppose aussi une conception des éléments du "cours- en-ligne" qui s’élabore à partir d’un compromis satisfaisant entre :
- un objectif opérationnel (ou compétence à acquérir) précis et explicite, garantissant l’adéquation des moyens aux fins,
- une "histoire" à raconter, et donc un scénario à concevoir si l’on est dans une véritable pédagogie multimédia recherchant le sens et le maintien de la motivation. Cette "histoire" doit démarrer d’une présentation simple de la problématique propre à l’objectif et la développer en la complexifiant.
- des possibilités de parcours qui laissent du choix à l’apprenant,


Les concepteurs- auteurs doivent pouvoir saisir directement leurs production et disposer d’une série d’outils de mise en page permettant la mise en śuvre d’une charte graphique didactiquement fondée facilitant les repères.

Les tuteurs (chargés du suivi des inscrits) doivent disposer d’un outil de suivi statistique adapté et performant.

Au niveau de la navigation-

La gamme des exercices interactifs proposés en-ligne doit être la plus large possible. Une succession de QCM entraîne souvent le déclenchement d’un comportement de réponse rapide et en grande partie aléatoire. Des formes d’exercices (et d’auxiliaires de réflexions) obligeant du recul et une quête heuristique sont nécessaires pour une mémorisation des acquis qui soit opérationnelle. Simulations et jeux en ligne sont nécessaires pour l’émergence de "sens".

Le renforcement permanent de l’auto- motivation, indispensable pour des publics isolés, suppose qu’à chaque instant, l’apprenant puisse se situer dans le cursus et dans ses performances. Un dispositif automatisé d’évaluation normative doit cohabiter avec un dispositif interactif d’évaluation formative (interaction avec le Tuteur) et un dispositif d’auto-évaluation. C’est par l’interaction de ces trois dispositifs que l’apprenant progressera dans l’ "apprendre à apprendre" et fabriquera du "sens". Les parties significatives de ce dispositif d’évaluation doivent être en permanence à la disposition de l’apprenant.

Une interactivité maximale est nécessaire pour casser l’isolement de l’apprenant face à son écran. Tous les outils standards d’Internet doivent être à disposition des apprenants pour offrir une gamme de services cassant l’isolement de l’apprenant face à son écran (Email, forum, FAQ, chat, et pour certaines situations, webcam…). Interactivité et remédiation supposent un outillage de suivi statistique à la fois complet et simple d’utilisation à la disposition des Tuteurs. L’ensemble des services offerts doit constituer l’ébauche d’un véritable réseau d’apprentissage collaboratif centré sur les besoins de l’apprenant.
Ces outils étant, pour encore un certain temps, en perpétuelle évolution, une veille technologique est donc nécessaire.

La qualité d’un produit ou d’un service est d’abord celle perçue par l’utilisateur. Une évaluation systématique de la qualité de la formation suivie (contenus et services) doit être disponible en-ligne pour assurer à l’organisme les feed-back nécessaires à une amélioration continue.

A l’intérieur d’un module :
- la description des objectifs à atteindre,
- le plan des pages et séquences,
- les contenus cognitifs (méthodologie, concepts, heuristiques...),
- les différentes gammes d’application (exerces d’entrée dans la problématique, exercices commentés et démontrés, exercices d’application, exercices par Email, recherches documentaires, simulations et jeux, tests de vérification des acquis…),
- l’accès aux différents services offerts,
- …
doivent à la fois permettra une navigation ergomique dans le cadre des choix de l’apprenant et comporter des passages obligés.

Au plan organisationnel-

Une fois sur Internet, un système FOAD doit pouvoir offrir ses prestations tant à des organismes pour leurs stagiaires qu’à des demandeurs individuels, et ce dans l’espace de la francophonie. Un maximum des formalités administratives et financières relatives à l’inscription et la validation des formations suivies doit pouvoir s’effectuer en-ligne.

Les besoins, la demande et la commande doivent être recueillis et traités selon les normes qualité de l’Education Nationale et les normes AFNOR NF X50 relatives à la formation professionnelle. Plus globalement, les processus doivent s’intégrer dans la boucle de la qualité des services et des préconisation de l’ISO 9004-2. Les autres référentiels Qualité (et notamment les ISO 9000) ne semblent pas totalement adaptés à la problématique de la formation, bien que les dernières versions insistent sur le contrôle des processus.

Le choix d’une logique de référentialisation oblige à penser l’unité didactique fonctionnelle de base fondée sur un objectif opérationnel, sur un item d’un référentiel d’objectifs. C’est le contenu de ce que nous nous désignerons par le terme de "module".

La BdD doit être propriété de l’organisme de formation pour pouvoir être éventuellement modifiée par un autre prestataire. Un accord doit être trouvé avec le prestataire initial pour, qu’en cas de vente de la BdD à d’autres organismes de formation, des "royalties" reviennent à l’organisme formateur.

La BdD doit permettre un suivi des activités (humaines, de services et financières) permettant, à chacun des acteurs du projet de disposer, à tous moments, des informations qui lui sont nécessaires

La BdD doit pouvoir s’intégrer dans un site comportant une partie " tous publics", la partie consacrée aux apprenants et une autre réservée en accès aux partenaires et collaborateurs.
La partie publique doit présenter l’offre conformément aux exigences de la NFX50-760.
La partie réservée doit pouvoir construire et renforcer la communauté d’apprentissage (ressources, échanges, actualités…).

Le système doit être conçu pour pouvoir proposer ses prestations :
- A des organismes de formation pour leurs "stagiaires".
- A des "individuels payants".

Comme on le voit, la problématique n’est pas forcément simple. Si l’on ajoute la nécessité d’éviter les "usines à gaz" nécessitant des journées de formation préalables pour la simple saisie des cours ou la consultation des statistiques, on s’aperçoit que les concepteurs on encore de l’ouvrage.
Cela rejoint la problématique générale d'un système de formation par les TICE:




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